Logo de l'association
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5












Récit de Moisson-Lavacourt

Il est 10h00 quand nous quittons l’autoroute pour descendre vers la vallée de la Seine. En ce 30 Octobre, les Yvelines nous accueillent sous un grand soleil. La traversée de la forêt jusqu’au plan d’eau de Moisson est magnifique. Quand nous arrivons à la base de loisirs, quelques équipages sont déjà là, et des trimarans attendent, leur étrave posée sur la rive d’un lac indolent.

parking

Pour cette dernière étape de l’année 2010, et première sur lac dans l’histoire de la TSC, c’est l’affluence : 16 équipages sont venus de toute la France, de Bretagne bien sûr, de Normandie, de Bordeaux, du Var sans compter les 3 équipages locaux.
Ce sont donc 3 Wetas, 5 Magnums, 7 Astus et notre Tricat qui vont jouer entre 3 bouées pendant ces 3 jours de la Toussaint.
La base de loisir est vaste, et les attelages prennent leurs aises pour les opérations de matage.

Ici, point de courant ni de vague, et la mise à l’eau est un jeu d’enfant, d’autant qu’il y a peu de vent ce matin.
Petit à petit, les coques touchent l’eau et à 11h, tout est prêt pour le briefing. Le comité nous présente le plan d’eau et les parcours, triangle à deux tours avec un dernier bord de vent arrière.
A midi, la grande salle du restaurant nous ouvre ses portes pour un déjeuner face au lac. A 14h, heure de lancement de la régate, le vent nous fait le plaisir de sa visite : 5 nœuds réguliers et petites surventes à 10 nœuds. Tous les ingrédients sont réunis pour une belle compétition.
« Bon départ, bon départ ! ».
Le comité de course vient de lâcher la quinzaine de multicoques pour une première ronde.

depart

Conditions idéales pour cette première journée!

Difficile de choisir la bonne amure pour s’élancer, le vent variant de 15 à 30° en quelques minutes ! Mais déjà quelques choix tactiques se dessinent pour peu que l’on puisse se débarrasser des bateaux les plus proches ; sur un si petit parcours, il est plus important de bien situer les concurrents pour éviter d’avoir à laisser la priorité 10m après un virement de bord ou bien se faire sortir de la lay-line par un bateau suiveur légèrement au vent et interdisant tout virement.

Pour notre part nous choisissons le côté droit du plan d’eau. Plus on s’approche de la bouée au vent, en frôlant la rive, et plus vent adonne. Avant de toucher les cannes à pêche qui prolongent la berge, nous virons pour nous recaler au centre du lac, là où l’eau semble agitée d’un petit frisotis. L’observation de la surface de l’eau est là aussi un aspect primordial que nous pourrons exercer le lendemain dans une brise évanescente.

Les concurrents se succèdent à la bouée au vent, en un groupe compact : 10mn de près ne suffisent pas à créer des écarts ; si l’absence de courant laisse croire qu’il est facile de tirer des bords millimétrés vers la marque de parcours, les variations du vent chamboulent en un instant ces calculs ! Et sur ces deux jours, rares sont ceux qui n’auront pas eu besoin d’un contre-bord de dernière minute très pénalisant, pour enrouler la bouée au vent.

Un bord de débridé nous propulse vers la bouée n°2. Quelques risées nous accompagnent et sur ce plan d’eau lisse comme une patinoire, nos coques s’envolent en douceur. Au fil des risées, nous jouons l’accordéon, rattrapant, puis rattrapé ; alors que l’on croit lâcher son poursuivant, une risée vicieuse le ramène dans nos fesses !
Cette seconde marque est très proche de la rive, dans l’ombre de la forêt, et ça sera pendant tout le week-end le lieu favori pour quelques bousculades amicales.

sous spi

Navigation au contact

Bord très abattu pour la 3ième et dernière marque, située au fond du lac. Ann et moi faisons le choix de laisser le gennaker dans son sac ; l’envoi, les empannages nombreux pour rejoindre les risées et l’affalage en dernière minute à la bouée, sont autant de facteurs de risque quand on ne dispose pas d’emmagasineur. Jouer « petits bras » nous réussi puisque les deux Wetas qui sont sur nos talons depuis le départ ne nous reprennent rien.

Puis on enchaîne le second tour.
La flotte s’étale un peu en longueur ; ce sont les bords de près qui créent les écarts, mais très relatifs sur un parcours aussi étriqué.
Nous naviguons de concert avec les Wetas et l’Astus 20.2 d’Henri ; avec ce petit vent établi, le marquage des concurrents reste possible et le barreur se doit de surveiller ses arrières autant que son étrave.

Dernier bord de près. Nous rattrapons Pierre et son Astus 16 qui entame son second tour ; seul à bord, il ne s’ennuie pas, et enchaîne les manœuvres.
Nous le sautons avant la marque au vent et redescendons vers le fond du lac, en empannant le gennaker au fil des risées.

Une trentaine de minutes ont suffit aux premiers pour effectuer ces 3 boucles, une cinquantaine pour les derniers. Les 16 concurrents s’insèrent donc en 20’, c’est dire les faibles écarts entre les bateaux et la possibilité pour chacun de se battre à chaque instant avec ses concurrents directs.

Trois manches seront donc courues dans cette après-midi, dans des conditions idéales.
Sitôt libérés par le comité de course, les tris se dirigent vers la berge, on tire les étraves sur quelques centimètres, et voilà, nos engins sont stockés pour la nuit ! Pas possible de faire plus simple et plus rapide !
La fin de l’après-midi permet à quelques équipages de sortir les trousses à outils, à commencer par Stéphane et Yvan qui ont enchaînés les pépins techniques, et ont vu successivement tomber à plat pont le gennaker et le génois ! Et du scotch pour le spi de Tribal, qui n’a pas apprécié un envoi musclé entre le pont et le taquet de foc.

Stockage

Stockage simplissime !

bricolage

Séance bricolage pour Trifentus

Retour dans les très confortables installations de la base nautique pour un apéritif et dîner parfaits, qui permettent aux équipages de se retrouver ou de faire connaissance avec les nouveaux sur le circuit : David et son Astus 22, Vincent et Sabine avec leur Magnum, Marc et Sylvie, déjà connus par la petite communauté mais qui régatent pour la première fois avec Tri-Rex, leur Astus 20.1, et qui semblent apprécier l’exercice !
Nouvelle recrue également, Charlotte, la petite dernière de notre Président, qui a eu la bonne idée de venir au monde un jour de régate ! Elle est tellement mignonne que son jeune Papa lui a déjà pardonné.

Dimanche 31, 10 heures. Le comité de course scrute la surface du lac, encore endormi.
Quelques ridules laissent croire à un réveil possible d’Eole.
C’est finalement à 11h que le départ de la quatrième manche est donné. La tactique du jour sera toute différente de celle de la veille : Conserver de la vitesse, limiter les changements d’amure, et guetter les traces laissées par le vent sur la surface du lac.

calme

Au pays du matin calme…

A ce jeu, le positionnement sur la ligne de départ est primordial. Un virement ou un empannage dans la minute est pénalisant tant la relance de la machine peut être très lente !
Plus qu’hier, on découvre rapidement que certaines parties du plan d’eau sont à éviter, avec des trous de vent dans lesquels sombrent les concurrents ; c’est le cas de la bouée n°2 qu’il faut aborder tribord amure sous peine de s’encalminer. C’est comme ça qu’après un départ calamiteux nous dépasserons 5 concurrents en 5 mètres.
Dans ces conditions plus que calmes, les équipages jouent la finesse : On peaufine l’assiette du bateau en limitant les déplacements sur les trampos, on vire en douceur sans mettre trop d’angle à la barre, on relâche l’étarquage des voiles et on ne borde pas trop à plat pour en tirer le maximum de puissance. Bref nous évoluons au ralenti, et les abordages se font tout en douceur !

réglage

Réglage fin de l’assiette et des voiles au menu de cette seconde journée

Dans son extrême bienveillance, notre Directeur de course sonne la pause-déjeuner dans l’espoir de voir le vent monter un peu. Les concurrents prennent le cap de la plage de Moisson pour une collation en plein soleil.
Un moment privilégié pour examiner les embarcations des uns et des autres, comparer l’espace intérieur et détailler l’accastillage de nos tris.

plage

pique-nique

La plage de Moisson accueille les concurrents pour un pique-nique

A 14h00, le bateau comité lance une nouvelle manche. Encore peu de vent pour ce nouveau round ; le positionnement sur la ligne est problématique avec des bateaux peu manœuvrant et le choix de l’amure est plus que jamais déterminant. Si la force du vent est stable, sa direction oscille toujours autant et il est surprenant de voir des angles de montée au vent si différents suivant sa place sur le plan d’eau. Idem pour les bords de descente sous le vent où le jeu consiste à garder assez de pression pour gonfler les spis.
A ce jeu, le Magnum bordelais ne semble pas à son aise et il faut tous les encouragements et applaudissements des concurrents qui en ont déjà fini pour qu’il touche enfin l’arrivée. C’est ça l’esprit de la TSC : De la régate mais surtout le bon esprit et la bonne humeur !
Trielo en est l’exemple parfait, avec son équipage mixte qui régate en musique et en toute décontraction ; ce qui ne joue en rien sur sa motivation puisqu’il terminera 2 au général !

Grâce à des parcours raccourcis, nous pourront enchaîner une septième manche ; après une rotation de 180° qui oblige à mouiller un nouveau parcours, le vent nous abandonne lâchement et cet ultime parcours sera celui de toutes les tensions ! La flotte se sépare, un bloc vers la rive, un second au milieu du plan d’eau ; les minutes qui suivent le départ donnent raison au premier mais à la bouée au vent, les deux clans se rejoignent et on s’empoigne pour la virer… au ralenti !

au contact

causette

Navigation au contact ; malgré le stress de la compétition, les équipages font la causette !

Navigation au contact ; malgré le stress de la compétition, les équipages font la causette !

A l’issue de cette manche, il faut se résoudre à l’évidence : Les conditions de vent ne s’amélioreront pas d’ici le coucher du soleil. Les trimarans rejoignent donc la berge, ce qui clôt les festivités nautiques de ce week-end. Restent les festivités culinaires attendues par tous les navigateurs !

pétole

Fin de la journée : Retour au bercail dans la pétole

Tandis que les sorties de l’eau et démâtages débutent, le Comité s’active et fait chauffer la calculette.
La remise des prix consacre Laurent et son Weta, doublement d’ailleurs, puisqu’il est le vainqueur de la TSC 2010 ! Nous fêtons son succès autour d’un pot et passons à table pour un dîner pantagruélique ; même quand elle n’est pas de haute-mer, la navigation aiguise les appétits !

Nous passerons sous silence la 3ième mi-temps qui réunira les équipages au club-house de CVML, pour une dégustation de produits régionaux, dans une proportion parfaite entre liquide et solide, qui se prolongera tard dans la soirée ; mais qu’importe, rien ne nous presse, nous avons toute la journée de demain pour regagner nos bases.
Pour cette première sur plan d’intérieur, la réussite est totale, et notre GO Eric, bien récompensé de ses efforts. Cette étape de Moisson fait de la TSC 2010 un grand-cru !

Patrick M.

Laisser une réponse